Reproduction

 Les reproducteurs

Les pigeons vivent en couple et se restent fidèles jusqu'à la fin de leur vie. Mais, on a déjà vu de cas de polygamie chez les mâles et de jeunes illégitimes chez les femelles...

Si on souhaite faire reproduire ses pigeons afin de les passer en concours, il faut bien sûr trouver des adultes les plus conformes au standard possible.

On peut commercer à accoupler des pigeons de petite race à partir de 6 mois et 8 à 12 mois pour les plus grosses.

Lors de l'accouplement, le mâle monte sur le dos de la femelle et rejoingnent leurs cloaques.

Pour créer un couple, il suffit normalement d'isoler plusieurs jours un mâle avec la femelle qui lui est destiné dans une case. Même si il y a parfois quelques "prises de bec", il faut rester patient. Au bout de quelques jours, ou dès que les 2 pigeons ont l'air de se supporter (se couchent l'un à coté de l'autre, se font des câlins, etc...), on peut les libérer.

Si le besoin se fait fait sentir un jour de modifier un couple (sujet stérile, qualité des jeunes médiocre, sujet mauvais parent...), il faut nécessairement que l'un des 2 des couples initiaux soient sortis de la volière. En effet, comme dit précédemment, les pigeons sont des oiseaux fidèles et ont une solide mémoire à ce sujet !

Le suivi

A partir d'un certain nombre de couples, il devient plus qu'utile de noter tout ce qu'il se passe dans sa volière... Pour cela, on créé un "cahier d'élevage". Généralement, il s'agit d'un simple cahier sur lequel il y a une page dédié à chaque couple (ou une version informatique peut être envisagée). Il y sera identifié (race, couleur, n° bague...) et le suivi des jeunes issus de ce couple y sera répertorié. Pour plus de détails, rendez-vous dans la rubrique [Mon Elevage ! - Mes méthodes] où je vous présente mon propre cahier d'élevage pour exemple. A chacun ensuite d'y inclure les informations qui lui semblent utiles.

 

La ponte et l'incubation

C'est le mâle qui choisit un nid mais les 2 époux participent à sa construction et sa défense. Une femelle prête à pondre se repère assez facilement : la queue basse, elle est moins énergique. Elle passe beaucoup de temps dans son futur nid, l'arrange, prend ses marques afin de préparer sa ponte.

Celle-ci est d'ailleurs de 2 oeufs blancs. Le premier est pondu vers 17h et le second, le surlendemain, en milieu de journée.

La femelle peut commercer à couver à la ponte du second oeuf ou dès le premier. Dans ce cas, le second pigeonneau éclosera longtemps après le premier et restera un peu plus chétif.

Mâle et femelle de relayent pour couver. La nuit, c'est la femelle qui reste sur les oeufs ; le mâle guette alors dans les parages afin de défendre le nid. Il ira couver en milieu de journée afin que la femelle puisse manger, boire et se dégourdir un peu.

Afin de s'assurer que les parents ne couvent pas pour rien, on peut mirer les oeufs. Cette méthode consiste, vers 5 à 7 jours d'incubation, à regarder à l'intérieur de l'oeuf avec une lampe. Par transparence, on aperçoit alors si il y a un embryon ou non. Si on voit un point opaque d'où partent des vaisseaux sanguins, c'est que l'oeuf est fécondé. Si l'oeuf reste transparent, il n'est pas fécondé ; on dit alors qu'il est "blanc".

Vérification de la fécondation d'un oeuf à l'aide d'un mire-oeuf :    

  

L'incubation dure en moyenne 18 jours. Cette durée est légèrement supérieure en période de froid.

--> Evolution d'un embryon dans son oeuf:

 
1er jour : 
 
2ème jour : 
 
3ème jour : 
 
4ème jour : 
 
5ème jour :
 
6ème jour :
 
7ème jour :
 
8ème jour :
 
9ème jour :
 
10ème jour :
 
11ème jour :

Au-delà de 12 jours, l'oeuf est plein ; on ne voit plus rien au travers. Seul le poids de l'oeuf trahit la présence d'un petit.

but de l'éclosion d'un petit Show Racer :

 

 

Les "nourriciers"

On est parfois dans l'obligation d'utiliser des nourriciers... Il s'agit d'un couple ayant tout juste pondu auquel on attribue les oeufs d'un autre couple. J'utilise moi-même cette méthode afin d'élever de jeunes Romains. Voir rubrique [Mon élevage ! - Mes méthodes]

Le Romain est une grosse race dont la reproduction est assez délicate car, du fait de leur poids, ils cassent facilement leurs oeufs ou tuent leurs jeunes sans le vouloir. Je surveille alors la ponte d'un couple de Show Racers dont les jeunes ne sont pas très intéressants mais restent néanmoins très bons parents, et échange avec celle des Romains. Les Racers élèvent donc une nichée de Romains et la femelle reproductrice du couple de Romains, constatant la perte de ses oeufs, repondra environ 10 jours après...

Malgré tout, c'est une technique que j'utilise qu'une fois sur deux car les jeunes Romains demandent beaucoup plus d'attention de la part de leurs parents adoptifs du fait de leur différence de taille ! Ainsi, lors de la ponte suivante, je laisse aux Romains leurs propres oeufs. Tant mieux si ils mènent leurs jeunes au sevrage... 

L'élevage des jeunes

Certains bons couples sont capables de nourrir correctement 3 jeunes (car les 2 parents participent à l'élevage des jeunes). Pour un couple n'ayant qu'un seul petit, celui-ci, bénéficiant alors de toute l'attention de ses parents, sera alors plus fort que si la couvée comportait 2 jeunes. Si un couple doit adopter un petit né, il faut absolument que cette adoption se fasse au moment propice, c'est-à-dire à la période correspondant à la production de lait de jabot...

Les pigeonneaux sortant de l'oeuf pèsent en moyenne de 9 à 18 g selon les races. L'idéal est de les déranger le moins possible à part pour les baguer vers l'âge de 7, 8 ou 9 jours.

Il arrive qu'un pigeonneau tombe de son nid. Dans ce cas, si l'éleveur n'est pas assez vigilant et ne s'en aperçoit pas à temps, le petit est presque toujours condamné, attaqué par les autres pigeons qui le considèrent comme un intru, même si les parents peuvent tenter de le défendre. Les chutes peuvent avoir plusieurs causes comme un nid mal conçu, trop petit, sale ou de mauvais parents. Une alimentation insuffisante ou de mauvaise qualité peut aussi être en cause car poussé par la faim, un petit peut essayer de suivre ses parents. Une fois la cause détectée, l'éleveur doit agir en conséquense.

Les pigeonneaux sont des oiseaux nidicoles, entièrement dépendant de leurs parents. Ces derniers les nourrissent avec du "lait de jabot". Il s'agit d'une substance particulière qui fournit les éléments nécessaires à la croissance des pigeonneaux. Il est composé de cellules en voie de dégénérescence qui s'extraient de la muqueuse interne du jabot des parents. Il s'apparente un peu à une sorte de fromage blanc jaunâtre. Il est très nourrissant car contient des protéines, de la graisse et un peu de sels minéraux.

La production de lait de jabot est commandée par une hormone (la prolactine) dont la sécrétion débute au début de la couvaison. Cependant, les couples couvant depuis peu sont capables de recevoir des oeufs couvés depuis 15 jours par un autre couple et de nourrir correctement les jeunes. A la fin de la couvaison, les cellules de la muqueuse intérieure du jabot commencent à se détacher pour former le lait. Les parents régurgitent le lait à leur petits lorsque ceux-ci mettent leur bec dans celui de leurs parents

Un pigeon Ramier nourrissant ses petits :

Les premiers jours de leur vie, la quantité de lait de jabot que reçoivent les petits est énorme (50 à 70% de leur masse) ce qui entraîne une croissance très rapide. Il constitue leur unique nourriture jusqu'à l'âge de 8 à 10 jours. Ensuite, s'ajoute à ce lait une proportion de plus en plus grande de graines. Petit à petit, la quantité de lait de jabot diminue jusqu'à disparaître au profit d'une nourriture solide.

Lorsque les jeunes arrivent à l'âge d'1 mois, ils sont dorénavant emplumés et capables de voler. Commence maintenant pour eux une grande aventure : quitter le nid !

Les premiers envols sont toujours assez laborieux et... comiques... C'est une expérience assez difficile pour les jeunes car ils doivent apprendre à se nourrir et boire seuls en imitant les adultes. Il n'est pas rare que les parents continuent à défendre leurs jeunes en dehors du nid mais la phase de sevrage arrive vite : les parents rejettent alors sans ménagement les jeunes qui tentent de revenir au nid, les forçant ainsi à devenir autonomes... Cette phase se fait vers l'âge de 25/30 jours mais jamais avant 21 jours. Elle est source de stress pour les jeunes pigeons qui ont tendance à perdre du poids.

Les bagues

Elles sont en plastique, fermées et inviolables. En effet, pour la retirer, il faut soit la couper, soit... couper la patte du pigeon ! Elles garantissent l'âge et l'origine du pigeon. Chaque année a aussi sa couleur de bague. On les obtient en les commandant auprès de la S.N.C. , du club de race ou de la société avicole auxquels vous pouvez adhérer. En retour (et après validation de votre règlement), vous recevez une feuille récapitulative des bagues commandées vous confirmant l'attribution de ces numéros...

Voici mon Certificat d'Origine 2010 délivré par la SNC  à la livraison des bagues officielles :

 

ATTENTION : à chaque race correspond un diamètre de bague (voir tableaux dans chaque rubrique "Races"). Toute non-confirmité de diamètre ou de couleur disqualifie le pigeon concerné en exposition.

Exemple de bagues officielles :

Le code gravé sur chaque bague est unique. Pour l'année 2009, elles étaientblanches : noires en 2010, jaunes en 2011...

Par exemple, la bague n° F 09 10 PP 630 EE, nous informe sur :

F le pays d'origine du sujet (F pour France)
09 l'année de naissance du sujet (09 pour 2009)
10 le diamètre de la bague (10 millimètres)
PP 630 un code unique
EE le sigle européen dorénavant obligatoire

--> Comment baguer un pigeonneau ? :

Etape 1 : voici le petit à baguer... Il a 1 semaine.

Etape 2 :  prendre et réunir ses 3 grands doigts

Etape 3 :  les passer dans la bague

Etape 4 :  faire glisser la bague jusqu'à l'articulation de la patte

Etape 5 :  insérer une plume entre la patte et le petit doigt

Etape 6 :  retirer délicatement le petit doigt de la bague

Etape 7 : et voilà ! 

 

Le sexage

On peut regrouper les pigeonneaux sevrés dans une volière à part afin de préserver la tranquilité des reproducteurs. Ils seront aussi à l'abri des assauts d'adultes peu aimables. En les séparant, on évite ainsi la surpopulation dans la volière principale et une pagaille sexuelle vis-à-vis des jeunes mâles ou femelles qui tenteront de courtiser les couples.

Quand on a la place, on peut aussi se permettre d'avoir plusieurs volières afin de "classer" les jeunes : une volière de reproducteurs (la principale), une autre de jeunes sevrés, une autre de mâles déclarés et une dernière de femelles déclarées.

Bien entendu, on peut se contenter de les garder ensemble et de les identifier au moyen de bagues plastique à clip de couleur.

Exemples de bagues à clip, numérotées ou non :

  

Chez les pigeons, la différenciation entre mâles et femelles n'est pas très aisée au premier coup d'oeil. Des générations d'éleveurs ont essayé de trouver LA méthode infaillible, parfois assez cocasse, mais jamais sans succès...

Connaître le sexe de ses pigeons peut s'avérer utile lors de concours, de ventes et de mise en couple...

Contrairement aux idées reçues qui circulent, les 2 oeufs d'une couvée ne comporte pas forcément 1 mâle et 1 femelle. Idem, le premier oeuf pondu n'est pas forcément un mâle... Le pigeonneau le plus léger ou le moins agressif n'est pas forcément une femelle... Il existe tout un sac de croyances comme celles-ci !

Seules 2 "méthodes" peuvent être fiables : la génétique et l'observation...

Dans le cas de la génétique, il ne peut y avoir aucun doute. Je prends l'exemple d'un de mes couples de Show Racers "autosexable" où le mâle est de couleur Jaune cendré barré et la femelle Rouge cendré barré. Au nid, les jeunes Jaunes cendrés barrés seront systématiquement des femelles et les jeunes Rouges cendrés barrés seront à coup sûr, des mâles. Les sexes s'inverses sur les couleurs des parents...

On connait aussi les races dites "autosexables" comme le Texan où le mâle est blanc et la femelle de couleur :

 

Un éleveur un peu expérimenté peut déterminer le sexe de ses pigeons en les observant. D'une part, par ses caractères physiques externes : les mâles sont en général plus gros et plus forts, ont une tête, un cou et des pattes plus massifs. Les femelles sont plus fines.

D'autre part, on peut observer le comportement du pigeon au sein de la volière. Les mâles ont toujours tendance à se montrer plus querelleurs que les femelles qui restent réservées et ne tentent pas de riposter en cas d'attaque. En période de reproduction, les mâles tournent autour des femelles en roucoulant et laissant traîner leur queue étalée sur le sol (ce qui en abîme les plumes, inévitablement...)

Il va de soit que si vous voyez un pigeon pondre, il n'y a plus aucun doute sur son sexe !

Il existe aussi des outils comme la pince à sexer qui permet de voir l'intérieur du cloaque des pigeons... Beaucoup d'éleveurs l'utilisent et elle semble permettre une exactitude proche du 100 % avec un peu d'entraînement.

La sélection

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